animation cleo robine pas d accueil

Process

démarche

"Touch the essential, not to encumber oneself with the useless or superfluous. My approach uses the intimate and the universal. I reject the description and the anecdote in favor of pictorial intensity. What matters to me is the vibration, the deep, the secret, the essential. That which animates every living being. A "life" which feeds me when touching a tree or stone. As if it is an organic need to anchor myself even deeper into Mother Earth.

For a long time, the sacred bond between the human species and its environment, always in tenuous and fragile balance, has been undermined by profit and power, generating incomprehension, intolerance and suffering. It is the very essence of my work to collect those traces and impressions left by men on a nature mistreated by its hosts, as so many trials and testimonies of the roughness of our time. Even today, indignation and anger animate me, even if I draw a certain resilience coupled with optimism and hope.

The subjects are numerous and serve as a starting point for my work. First of all there is nature in which I immerse myself to capture its palpitations. Then comes the phase of interiorization. I refocus, immersing myself in the musical universes of Joe Purdy, Marias Callas or James Newton Howard. I am then connected with myself. I watch what happens. I allow feelings to emerge. Everything happens quickly: the sketch, the colors, the choice of material, which I want to "feel" while working. I need textures, the correlation of materials such as wood, plaster, strips, but also spikes, nails, nuts, threads, ropes, fibers, juices, soups of materials. The smooth and the rough, as a kind of language between the finite and the imperfect. Then I pierce, cut, open, close, creates volume. I balance differences, I tame tensions, I reinterpret ruptures and I give meaning to every single knot. I seek to thematisize the hidden side of reality and render the unconscious visible. Henceforward, I reverse the use and place in its void emptiness and fullness, reality and appearance, the fundamental and the superfluous. The notions of limits and passage constitute the keys to decrypting my work.

Even if Chagall, Soulages and Zao Wu KI have impressed me very much, I remain close to my instincts and my truths. "Creativity is the greatest rebellion that exists. If you want to create, you have to free yourself from all conventions"(Osho). Responding to a demand for the absolute, I seek to provoke reflection, reactions, repositioning of oneself, questioning with a free gaze, freed from all shackles. My paintings are not windows to the outside but doors that open towards the inside of the mind".

Isabelle Diacre (Art Editor)


Space as principle

Cléo Robine is bridging colour gaps to transgress the chaos that matter imposes.
She goes beyond simple pictorial expressions to push the limits, creating a language vibrant of sincerity. To make the contrasts audible, to work out the traces, the signs, the imprints proves to be one of her main artistic motivations.

Cleo captures the impalpable: space as principle, subject as language, colours as signals ... And the lines that are pushed to the highest, draw the purpose of a possible and necessary poetry.

She is interested in the body, according to the scars of life, avoiding useless chatter, with the concern for the purity to the borders of minimalism. Her approach is noble and focused on the essentials. Prioritising the recycling of waste for art, she proves that nothing is finite, all begins again.

A graduate of the Ecole Boulle, this rebellious and obstinate artist, nourishes her quest for sharing, even in the silences of fallen territories.

Recently, the artist alerts us to the awakening of consciousness and this philosophy comes at the right time. As the vacuum seeks fullness, Cléo Robine fills her part, considered as necessary as breathing, to accomplish her goal, with that humility that characterizes her.

Mylène Vignon
Comtemporary Art Expert

« Toucher à l'essentiel, ne pas s'encombrer de l'inutile ou du superflu. Dans ma démarche se rejoignent l'intime et l'universel. J'ai le refus de la description et de l'anecdote au profit de l'intensité picturale. Ce qui m'importe c'est la vibration, profonde, secrète, essentielle. Celle qui anime tout être vivant. Une « vivance » dont je me nourris au contact de chaque arbre, de chaque pierre, comme mue par un besoin organique de m'ancrer encore plus dans la terre-mère.

Depuis longtemps le lien sacré qui unit l'espèce humaine et son environnement, dans un équilibre ténu et fragile, est mis à mal en faveur de considérations telles que le profit et le pouvoir, engendrant incompréhensions, intolérances et souffrances sur les corps et les esprits. C'est l'essence même de mon travail que de recueillir ces traces et empreintes laissées par les hommes sur une nature malmenée par ses hôtes, comme autant d'épreuves et de témoignages de la rudesse de notre époque. Encore aujourd'hui l'indignation et la colère m'animent même si j'y puise une certaine résilience doublée d'optimisme et d'espoir.

Les sujets sont donc nombreux et servent de point de départ à mon travail. Tout d'abord il y a la nature dans laquelle je m'immerge pour en capter ses palpitations. Puis vient la phase d'intériorisation, je me recentre, en immersion dans les univers musicaux de Joe Purdy, Marias Callas ou James Newton Howard, je suis alors en connexion avec moi-même. Alors j'observe ce qui se passe, je laisse émerger les ressentis. Tout arrive, vite : le croquis, une ébauche, les couleurs, le choix du matériau, avec lequel je vais me « sentir » travailler. J'ai besoin de textures, de rapports de matières, comme le bois, le plâtre, les bandes mais aussi les pointes, les clous, les écrous, les fils, les cordages, les fibres, mes jus, mes soupes de matières ; le lisse et le brut, comme une sorte de langage entre le fini et l'imperfection. Alors je perce, coupe, ouvre et entrouvre, referme, crée du volume ; harmonisant les écarts, apprivoisant les tensions, réinterprétant les ruptures, donnant du sens aux nœuds les plus singuliers. Je cherche à traiter la face cachée de la réalité à rendre visible des modèles de l'inconscient. Dès lors je renverse les usages et place en abîme le vide et le plein, la réalité et l'apparence, le fondamental et le superflu. Les notions de limites et de passage constituent les clés de décryptage de mon travail.

Même si Chagall, Soulages et Zao Wu KI m'ont fortement impressionnée, je reste au plus près de mes instincts et de ma vérité : « La créativité est la plus grande rébellion existante. Si vous voulez créer, vous devez vous débarrasser de toutes les conventions ». Osho

Répondant à une exigence d'absolu, je cherche à provoquer la réflexion, les réactions, le repositionnement de soi, les remises en question avec un regard libre, affranchi de tous carcans. Mes toiles ne sont pas des fenêtres vers l'extérieur mais des portes qui s'ouvrent vers l'intérieur de l'esprit. »

Isabelle Diacre (rédactrice artistique)


L'espace pour principe.

Cléo Robine dépasse les clivages de la couleur pour transgresser le chaos que la matière impose.
Elle dépasse la simple expression picturale pour en repousser les limites, jusqu'à créer un langage vibrant de sincérité. Rendre audibles les contraires, en travaillant sur la trace, le signe, l'empreinte, se révèle être l'une de ses principales motivations artistiques.
Cléo capte l'impalpable : l'espace comme principe, les matières comme langage, les couleurs comme signaux… Et les lignes qu'elle repousse au plus haut, dessinent le propos d'une poésie possible et nécessaire.

Elle s'intéresse au corps, en fonction des cicatrices de la vie, en évitant les bavardages inutiles, avec le souci de l'épure jusqu'aux frontières du minimalisme. Sa démarche est noble et tournée vers l'essentiel. Privilégiant la réappropriation du déchet par l'art, elle prouve que rien n'est fini, tout recommence.

Diplômée de l'Ecole Boulle, cette plasticienne révoltée et opiniâtre, nourrit sa quête de partage, jusque dans les silences des territoires déchus.
Récemment, l'artiste déclenche son alerte pour l'éveil des consciences et cette philosophie tombe à point nommé. Comme le vide recherche le plein, Cléo Robine remplit sa partition comme une respiration nécessaire à l'artiste pour l'accomplissement de son objectif, avec cette humilité qui la caractérise.

Mylène Vignon
Expert en art contemporain