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Aller à l’essentiel,
ne rien dire d’inutile.
Dans mon travail se rejoignent
l’universel et l’intime.
Opérant un traitement original
de la surface, j’utilise l’espace comme principe, les matières
comme langage, les couleurs comme signes, et la structure de mes toiles
: mes lignes; encore et toujours mes lignes qui structurent mes champs
colorés.
Une recherche sur les traces, les empreintes,
laissées par le corps et sur le corps ; par les éléments
: l’eau… ; les épreuves : et tout ce qui a trait à
l’injustice, l’hypocrisie, l’intolérance, l’autoritarisme
; par la douleur : physique et mentale…etc.
J’ai le refus de la description,
de l’anecdote, au profit de l’intensité picturale.
La couleur et la forme sont pour moi identiques, ce qui m’importe
c’est la vibration maintenue au plus intime.
Alors je perce, je coupe, j’ouvre et j’entrouvre, je referme,
du moins j’essaie, harmonisant les écarts, apprivoisant les
tensions, réinterprétant les ruptures, donnant du signifiant
aux noeuds les plus singuliers.
J’ai besoin de textures, de rapports de matières, comme le
bois, le plâtre, les bandes mais aussi les pointes, les clous, les
écrous, les fils, les cordages, les fibres, mes jus, mes soupes
de matières ; le lisse et le brut, comme une sorte de langage entre
le fini et l’imperfection.
Je cherche à traiter la face cachée de la réalité
à rendre visible des modèles de l’inconscient.
Alors je renverse les usages et place en abîme le vide et le plein,
la réalité et l’apparence, le fondamental et le superflu.
Les notions de limites et de passage constituent les clés de décryptage
de mon travail.
Répondant à une exigence d’absolu, je cherche à
provoquer la réflexion, les réactions, le repositionnement
de soi, les remises en questions.
Mais pour moi
le regard doit être libre et nécessaire interprète.
Et mes toiles ne sont pas des fenêtres
vers l’extérieur mais des portes qui s’ouvrent vers
l’intérieur de l’esprit.

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